Le 10 septembre 2001, j’atterrissais à San Francisco. Quand je me suis réveillé le lendemain matin à six heures et que comme d’habitude, j’ai regardé CNN, l’image était bizarre. La caméra était en plan fixe sur un gratte-ciel dont s’échappait un nuage de fumée. Nous étions le 11 septembre, le jour où la toute puissante […]

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Le 10 septembre 2001, j’atterrissais à San Francisco. Quand je me suis réveillé le lendemain matin à six heures et que comme d’habitude, j’ai regardé CNN, l’image était bizarre. La caméra était en plan fixe sur un gratte-ciel dont s’échappait un nuage de fumée. Nous étions le 11 septembre, le jour où la toute puissante Amérique a été frappée au cœur de son centre financier, et en même temps dans son orgueil. Je me souviens encore que chaque étranger voulait rentrer chez lui, d’une femme qui pleurait au téléphone, de l’atmosphère sombre et lugubre de ce jour. Les Américains avaient perdu le nord.

James Richardson était à l’époque Chief Marketing Officer de la firme pour laquelle je travaillais. Il est canadien et dans une fonction précédente, il avait assumé une fonction dirigeante en Europe. Ce midi-là, nous avons parlé de la situation dans son bureau, et ses mots me sont restés: “Ne sous-estime pas les Américains, ils sont très flexibles et réactifs, et ils s’en sortiront.”

Je pense que de nombreux Européens entretiennent une relation d’amour-haine avec les Américains. Ces huit dernières années, l’agacement de nombreuses personnes n’a fait qu’augmenter devant la manière dont le président le plus stupide que les USA aient connu se mettait le monde à dos. Si vous possédez une grande puissance, vous avez également de grandes responsabilités, mais il n’avait vraisemblablement jamais entendu la seconde partie de la maxime. Et non seulement Bush, mais l’Américain moyen peut se comporter comme un cow-boy suffisant, persuadé d’avoir raison et avec des valeurs qui diffèrent des valeurs des Européens.

Mais nous pouvons également apprendre d’eux. Notamment l’art de corriger ses erreurs et d’aller de l’avant. On peut considérer que l’élection de Barak Obama en est la preuve. Nous pouvons également apprendre qu’ils n’ont pas peur de faire des erreurs. Ce qui m’a toujours frappé, c’est la manière dont ils peuvent résumer leur sagesse en un slogan. “Build for Success” en est un, tout comme “Think Big”.

Les Européens trouveront probablement ces phrases peu discrètes. Elles prennent en effet tout leur sens si on pense en termes d’économie globalisée. Une entreprise Belge qui compose aujourd’hui un business plan doit au moins réfléchir au niveau européen. Il faut chercher des clients au niveau européen, et de préférence à grande échelle. Si vous restez limité à la petit Belgique, le paysage entrepreneurial belge ne survivra pas longtemps. Et ce n’est pas une question de discrétion, mais d’échelle vers le succès.

Il y a naturellement des Belges qui l’ont bine compris et qui le font très bien. Il faut l’observer à une certaine distance, mais c’est certainement le cas de Bekaert et d’InBev. Mais aussi d’entreprises dont on ne l’aurait pas attendu. Récemment, durant le drink obligatoire d’un séminaire sur la stratégie, un homme s’est approché de moi. Sa firme plante des arbres. Pas très high tech, me direz-vous. Il était présent pour savoir s’il devait changer de stratégie. Sa firme plante des arbres depuis six générations et il se demandait s’il n’était pas temps de restructurer son canal. Je lui ai demandé s’il était actif au niveau international. “Monsieur, nous livrons dans toute l’Europe et nous nous étendons maintenant en Europe de l’Est.” Il m’a aussi parlé de ce qui rend son entreprise unique, la manière dont ils cultivent les arbres, ce qu’il appelait sa recette Coca-Cola. En résumé, cette entreprise possède un concept unique, a fait ses preuves sur une longue période, est active dans un secteur qui qui est lié à la tendance ‘verte’ actuelle, est présente au niveau international et s’étend, et entend restructurer sa manière d’aborder le marché. Et à la question de ce qui l’empêchait de dormir la nuit, notre homme ma répondu: “Les clients paient si mal aujourd’hui.”

Et j’ai pensé: grandeur et discrétion.

La stratégie et le business planning sont des hobbies pour Marc Aelbrecht. Avec un passé de plus de 20 ans dans le secteur TIC, il a pu mettre ces hobbies en pratique un nombre incalculable de fois. Il est accessible à l’adresse [email protected]

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